Depuis que Christopher Wylie a révélé que la société Cambridge Analytica a exploité les données de 50 millions d’utilisateurs Facebook, le réseau social redoute la fuite de ses abonnés et la baisse de ses revenus publicitaires. Mais il va devoir aussi faire face à une sérieuse enquête de la FTC (Federal Trade Commission), le régulateur du commerce américain. Qui vient de publier un communiqué de presse où il annonce s’intéresser non seulement à Cambridge Analytica mais aussi à Facebook.

“La FTC prend très au sérieux les articles de presse soulevant des préoccupations sérieuses sur les pratiques de confidentialité de Facebook. Aujourd’hui, la FTC confirme qu’une enquête non ouverte au public est lancée sur ces pratiques”.

Plusieurs trillions de dollars d’amende ?

Facebook pourrait avoir violé un accord conclu en 2011 avec la FTC, selon CNBC. Le texte prévoyait que Facebook informe chaque utilisateur et obtienne son consentement explicite avant de partager ses données personnelles au-delà des paramètres de confidentialité. Si le réseau social a bien enfreint cette disposition en collaborant avec Cambridge Analytica en 2014, il encourt 40 000 dollars de pénalité par infraction. Si on considère qu’environ 50 millions d’individus ont été concernés, on atteindrait la somme astronomique de 2000 milliards de dollars ! 

En attendant, Facebook fait mine de garder son calme. ”Nous restons très attachés à la protection des informations des gens et nous sommes heureux de pouvoir répondre aux questions de la FTC », a déclaré Rob Sherman, directeur adjoint de la protection de la vie privée de Facebook, dans une déclaration à CNBC. Mais l’annonce de la FTC a aussitôt fait chuter le cours de l’action de Facebook en bourse.

Toutefois, la procédure ne serait pas si aisée. Le directeur de la faculté de droit de Berkeley Chris Hoofnagle a confié à The Guardian qu’il serait complexe de prouver que Facebook avait violé l’accord, parce que ce texte autorise le partage des amis d’un contact avec des développeurs tiers. La FTC pourrait malgré tout découvrir d’autres infractions au cours de son enquête, comme ce fut le cas lors d’une affaire précédente qui avait abouti à ce fameux accord de 2011.
 

L’incertitude demeure également sur le sérieux avec lequel Facebook a demandé la suppression des données lorsqu’elle s’est aperçue en 2015 qu’elle avait été trompée par les recherches du docteur Kogan. La plate-forme s’est-elle vraiment assurée de leur destruction ou s’est-elle contentée de croire Kogan sur parole ? La responsabilité du réseau social devra donc être déterminée par l’enquête à différents niveaux.

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