Quand Donald Trump est arrivé à la tête des Etats-Unis, les entreprises de la Silicon Valley se sont immédiatement placées dans l’opposition au nouveau gouvernement. Un an plus tard, on les entend moins. Il faut dire qu’avec sa réforme fiscale, le président Trump fait un cadeau de plusieurs milliards de dollars aux multinationales américaines. L’argent détenu à l’étranger pourra bientôt être rapatrié aux Etats-Unis avec une taxation inférieure à 21%, contre 35% aujourd’hui. Avec une opportunité pareille, les trésors de guerre des Google, Facebook, Amazon et autre Apple pourraient très vite rejoindre le sol américain.

Que faire de 252 milliards de dollars ?

A l’étranger, Apple a beaucoup d’argent, vraiment beaucoup. Avec une cagnotte de 252 milliards, le créateur de l’iPhone dispose d’un trésor incroyable qu’il tentait jusque-là de préserver grâce à différents schémas financiers. Selon les analystes de GBH, Apple va annoncer dans les prochaines semaines sa décision de rapatrier environ 200 milliards de dollars aux Etats-Unis, ce qui, après taxation, correspondrait à un enrichissement de minimum 173,8 milliards de dollars. Si le montant de la somme rapatriée par Apple n’est pas encore une certitude, Cupertino devrait bien ramener de l’argent aux Etats-Unis dans les prochains mois.

Se pose alors une question : que faire d’une telle somme d’argent ? Si l’entreprise a l’habitude de réaliser de petites acquisitions, la tentation d’enfin profiter de son argent rapatrié de l’étranger est grande et pourrait parallèlement lui offrir de nouveaux avantages fiscaux. Pour la première fois de son histoire, Apple pourrait ainsi mettre la main sur un autre géant et battre le record de sa plus grande acquisition, aujourd’hui de « seulement » 3 milliards de dollars pour Beats.

Place à l’imagination

Nous nous sommes amusés à concevoir une liste d’une dizaine de candidats qui pourraient convenir aux besoins d’Apple. Soyons clairs : tout ça n’est que le fruit de notre imagination et rien ne dit qu’Apple passera à l’acte en sortant son chéquier. Toujours est-il qu’Apple s’apprête à recevoir beaucoup d’argent et qu’un achat majeur pourrait l’aider à se développer face à ses rivaux, toujours plus compétitifs.

Netflix, pour la création originale

L’information a fait parler ces derniers jours : des analystes de Citi parient sur une acquisition de Netflix par Apple cette année. Il faut dire que l’information tient la route. Depuis plusieurs mois, Apple désespère de se lancer dans le contenu original et enchaîne les flops. Planet of the Apps, Carpool Karaoke… Cupertino s’est rapproché d’anciens producteurs de Breaking Bad et espère sortir des séries de la qualité de Game of Thrones. Mais Apple souffre d’un problème majeur : l’absence d’une vraie plateforme de diffusion. Les clients Apple Music ne se sont pas abonnés pour regarder des séries et concurrencer Netflix ou Amazon Prime Video semble impossible tant ces services ont de l’avance.

En rachetant Netflix, Apple hériterait de l’ensemble des contenus originaux du studio et de sa centaine de millions d’abonnés dans le monde. Une acquisition qui arriverait à un moment crucial pour Netflix alors que Disney se prépare à retirer l’ensemble de ses contenus de la plateforme (Pixar, Marvel, Star Wars et 21st Fox compris) pour lancer son service de streaming maison. Alliée à Apple, l’entreprise de Reed Hastings bénéficierait d’un avantage sur ses concurrents s’ils étaient mis en avant sur les produits de Cupertino. Seul bémol: Netflix se porte très bien, gagne beaucoup d’argent, et n’a pas besoin d’un allié. Les arguments de Tim Cook ont intérêt à tenir la route !

Tesla, pour réveiller l’Apple Car

Soyons honnêtes : imaginer un jour Elon Musk à la tête d’Apple est la seule raison pour laquelle nous rêverions d’un rachat de Tesla par Apple. Probable il y a quelques années, un tel rapprochement semble être devenu impossible au regard des abandons d’Apple sur le secteur d’automobile. On imaginait une Apple Car en 2020, mais tout laisse désormais penser que l’entreprise se satisfera d’un « carOS » et ne prévoit plus de lancer son propre véhicule. Si Tesla partage beaucoup de sa philosophie avec Apple, un rapprochement entre les deux Californiens semble désormais improbable. A moins que les récentes difficultés de production de Tesla ne poussent Elon Musk à se chercher un nouveau partenaire ?

Snapchat, mais pour quoi faire ?

2018 est l’année de la dernière chance pour Snapchat. Face à Instagram Stories et à ses difficultés à se monétiser, le réseau social préféré des adolescents n’a jamais connu si grand danger. En cas d’échec à séduire les annonceurs avec sa nouvelle version, Snap pourrait se décider à céder son réseau social afin de limiter les dégâts. Si Apple n’apparaît pas comme le client idéal, les récentes expérimentations de la marque en matière de réalité augmentée ou en vidéos courtes (avec Clips) pourrait faire de Snapchat une cible parfaite.

Magic Leap, pour la réalité augmentée

En 2020, Apple devrait commercialiser un casque de réalité augmentée si l’on se fie à Bloomberg. Avec ARKit, l’entreprise dispose déjà du plus grand parc d’appareils compatibles AR et d’un bon lot d’applications, et part donc avec un avantage sur ses futurs concurrents. En rachetant une entreprise comme Magic Leap, qui vient de dévoiler son premier casque, Apple continuerait ses efforts en réalité augmentée et renforcerait sa future offre. Petit bonus : on est sûr que Jonathan Ive se réjouirait de redesigner le casque de l’entreprise.

PayPal, pour renforcer Apple Pay Cash

Progressivement, Apple Pay prend ses marques et commence à attirer les banques. Depuis peu, Apple s’est lancé sur le paiement entre particuliers avec Apple Pay Cash, disponible dans un premier temps en exclusivité américaine. Pour créer ce genre de service, Apple doit négocier pendant plusieurs mois avec les autorités, qui ont le dernier mot sur la création d’entités bancaires. En rachetant PayPal, Apple profiterait des contrats déjà signés par le géant américain et pourrait attirer de nombreux partenaires vers Apple Pay. De quoi devenir un vrai numéro 1 du paiement plutôt que de se satisfaire de ramasser des miettes.

Spotify, pas besoin de t’améliorer si t’as pas de concurrent

Lancé en 2015, Apple Music s’est rapidement imposé comme numéro 2 du streaming. Alors certes, avec 30 millions d’abonnés, Apple Music réalise une performance honorable. Mais avec ses 70 millions de clients payants, Spotify humilie son rival. Rattraper le Suédois en 2018 semble impossible à l’heure actuelle mais il reste une solution toute simple pour permettre à Cupertino de devenir numéro 1 : racheter Spotify. S’il y a fort à parier que ni Spotify, ni les autorités de concurrence, n’accepteront une telle acquisition, Apple pourrait toujours se contenter de racheter Tidal, qui lui semble à l’agonie.

Nintendo, pour ses licences

Soyons honnêtes, Apple arrive trop tard pour racheter Nintendo. Si l’an passé, le partenariat entre les deux entreprises pour le lancement de Mario sur iPhone pouvait faire imaginer le début d’un rapprochement, le succès fulgurant de la Switch a éliminé toute chance pour Apple de s’emparer du Japonais. Fort du succès de son hardware, Nintendo n’est plus en danger et ne se contentera pas de devenir simple développeur sur le court terme. Raté pour Apple !

Foxconn, pour devenir son propre assembleur

En voilà une nouvelle qui plairait au président Trump : l’américanisation de Foxconn, le fabricant de l’iPhone. En mettant la main sur le géant de l’assemblage, Apple s’assurerait un contrôle total sur ses produits et pourrait petit à petit devenir son propre fournisseur. Reste pour Apple à négocier avec les autorités chinoises qui ne risquent pas de laisser partir leur joyau de sitôt… Autre piste envisageable : l’achat d’une entreprise spécialisée dans la conception d’écran (comme LG Display) pour devenir indépendant de Samsung, aujourd’hui producteur des écrans de l’iPhone X.

Se contenter de petites start-up et ne pas céder à la tentation

S’il y a des chances qu’Apple réalise une grande acquisition cette année, l’entreprise de Tim Cook pourrait très bien aussi se contenter de rapatrier son argent aux Etats-Unis sans spécialement y toucher. Contrairement à Microsoft (Skype/Linkedin), Google (Nest/Waze/HTC) ou Facebook (Instagram/Oculus), Apple n’est pas un habitué des grosses acquisitions et préfère racheter de temps en temps de plus petites entreprises pour leurs technologies. Alors, quels seront les plans d’Apple en 2018 ? Rachat(s) ou grosses économies ? L’avenir nous le dira.

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