La révolte des employés de Google a finalement contraint la direction du groupe à sortir du bois. Depuis des mois, une partie des « Googlers » voit d’un mauvais œil la participation du géant du Web dans Maven, un projet de recherche de l’armée américaine qui vise à doter les drones de surveillance d’une intelligence artificielle. En particulier, il s’agit de développer les capacités d’analyse d’images et de détection d’objets.

Sachant que les drones de surveillance sont la pierre angulaire du programme d’assassinats ciblés du gouvernement américain, on comprend mieux pourquoi cette collaboration a provoqué une levée de boucliers dans les locaux de Mountain View. Une pétition a même été signée par plus de 4.000 employés.

Les dirigeants de Google viennent maintenant de lâcher du lest au travers de deux notes de blogs concomitantes. Dans la première, Sundar Pichai, le PDG, énonce sept règles éthiques auxquelles le groupe veut désormais se soumettre dans le cadre de l’intelligence artificielle. Dans la seconde, Diane Greene, directrice de l’activité cloud, annonce que la collaboration au sein du projet Maven ne sera pas renouvelée. Elle se terminera par conséquent l’année prochaine.

Google ne participera pas à des programmes d’armement

Les sept commandements de Google visent à cantonner l’intelligence artificielle à des usages positifs pour la société et dans le respect des « normes culturelles, sociales et légales dans les pays où nous opérons ».
En particulier, la société souhaite que ses algorithmes ne renforcent pas des inégalités sociales et ne soient pas utilisés pour des armes. Pour autant, Google continuera de collaborer avec l’armée américaine, et notamment dans les domaines de « la cybersécurité, la formation, le recrutement, la santé des vétérans ou les secours ».

Dans le domaine de la surveillance, en revanche, Google est en retrait. Certes, l’entreprise s’interdit d’utiliser l’intelligence artificielle pour des technologies « qui collectent ou utilisent des informations pour réaliser une surveillance qui ne respecte pas les normes acceptées sur le plan international ». Mais cette formulation reste très floue. Elle ne semble pas exclure la collaboration à des programmes de surveillance gouvernementaux, comme ceux créés par les agences occidentales (NSA, GCHQ…). C’est là une ligne de crête qui sera difficile à tenir.    

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