Les secrets de l’Etat et du gouvernement français sont-ils bien gardés ? Pas sûr ! Les ministres, leurs cabinets et les administrations utilisent abondamment des messageries chiffrée privées de type Telegram ou WhatsApp pour communiquer des informations confidentielles. Une pratique qui pose question en plein scandale Facebook, qui a laissé fuiter les données de plus de 87 millions d’internautes. Le secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi, lui même grand utilisateur de Telegram, a annoncé ce matin au micro de France Inter que le gouvernement préparait une messagerie sécurisée pour remédier à cette situation. « Nous travaillons à une messagerie sécurisée publique, qui ne sera pas dépendante d’offres privées », a-t-il déclaré.

Tout le monde pourra la télécharger

C’est à lui qu’incombe la tâche de développer les outils numériques de l’Etat, il pilote donc ce dossier. Il importe, en attendant, de multiplier les canaux de communication quand ces derniers possèdent des serveurs à l’étranger et qu’on ne connaît pas leur code source. Nos confrères de NextInpact ont pu en savoir davantage sur le sujet par l’intermédiaire d’Henri Verdier, Directeur interministériel du numérique et du système d’information de l’Etat français (DINSIC). L’idée est  de s’appuyer sur le projet Citalel du groupe Thales. Cela ne mobiliserait que quelques développeurs. Toujours selon NexInpact, la base du code source pourrait être empruntée à l’outil de communication de groupe Riot qui permet une communication chiffrée de bout en bout et s’appuie sur le protocole Matrix. 

Mounir Mahjoubi a précisé ce matin que cette messagerie serait interne à l’Etat, ce qui n’exclut pas qu’elle soit téléchargeable aussi par le grand public et mise à disposition dans les magasins d’applications, comme l’évoque Henri Verdier. Une version alpha serait déjà en train d’être testée avec un lancement probable pour le mois de juillet.

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