Future gamme d’iPhone, AirPods 2 ou iOS 12… Les prochaines annonces d’Apple se retrouvent une par une dans la nature, parfois même plusieurs mois en avance. Le phénomène n’est pas nouveau mais inquiète de plus en plus l’entreprise. Dans un mémo interne, la marque se montre ferme et parfois même menaçante quant au sort réservé aux employés qui s’amuseraient à trahir sa confiance.
Malédiction : un employé a fait fuiter la lettre et l’a envoyé à Mark Gurman de Bloomberg, le journaliste spécialiste des « leaks » Apple.

« Tout à perdre »

Dans sa lettre, la Pomme se montre particulièrement sévère. Tout part d’une réunion tenue en janvier à Cupertino, dans laquelle Craig Federighi, le responsable d’iOS et de macOS, annonçait repousser les nouveautés logicielles au profit de versions mieux optimisées des systèmes d’exploitation. Face au scandale des iPhone ralentis ou aux bugs d’iOS 11, l’entreprise préférait arrêter la surenchère annuelle pour corriger les erreurs des années précédentes. Problème : un des employés parmi les centaines d’ingénieurs présents a trahi les autres en dévoilant le contenu de la réunion à la presse. Apple fait savoir qu’il a été viré, et confirme donc au passage l’existence de cette « réunion secrète ».  

En 2017, 29 employés un peu trop bavards ont été attrapés. Parmi-eux, 12 ont été arrêtés et risquent la prison ou d’importantes amendes. Un sort qu’Apple n’hésite pas à mettre en avant pour dissuader ses employés de suivre leur voie : « Non seulement ces personnes perdent leurs emplois, mais elles peuvent avoir beaucoup de difficultés à se faire embaucher ailleurs. », « cela peut faire partie de votre identité personnelle et professionnelle pour toujours ». La messe est dite. Apple ne compte pas faire preuve de clémence si de tels évènements venaient à se reproduire.

Fuites en série

Depuis des années, Apple est victime de fuites internes. Un comble pour une entreprise bâtie sur le culte du secret de Steve Jobs, qui s’arrangeait pour que des équipes travaillant sur un même projet ne partagent pas entre elles toutes les informations. Apple a grandi, et l’appétit pour l’information avec. La marque n’a simplement pas su anticiper ce tournant, préférant se concentrer sur les sous-traitants en Chine, et ignorant le fait que les fuites pouvaient venir de Cupertino.

L’an passé, une réunion avait déjà eu pour but de préparer la marque à renforcer son contrôle. Depuis, des évènements comme la publication de la Golden Master iOS 11 quelques jours avant la keynote de septembre a prouvé que tout le nécessaire n’avait pas été fait. L’iPhone X, l’Apple Watch Series 3, les Animojis ou le boîtier avec recharge sans-fil des AirPods ont fait partie des produits révélés avant l’heure. La marque précise que le leaker a été renvoyé. D’autres fuites, comme la prochaine génération d’AirPods, le prochain iPad Pro ou l’iPhone X ont également mené à des arrestations.

Pour convaincre ses employés de ne pas se laisser tenter, Apple blâme les journalistes et les bloggers en quête d’information. Cupertino rappelle que si un scoop peut rapporter gros à son auteur, en amenant notamment une belle audience sur son site, les employés d’Apple ont, eux, « tout à perdre ».

Un avertissement sévère, qui aurait pu avoir l’effet escompté en ramenant tout le monde à l’ordre, mais qui a eu une première conséquence inverse. Quelques heures après la réception du mémo, celui-ci était publié par Bloomberg. Une énième fuite sur laquelle Apple va devoir une nouvelle fois enquêter si elle ne compte pas voir l’annonce de ses futurs produits une nouvelle fois gâchée, et les ventes qui vont avec. La marque estime en effet que ces révélations sur de futurs produits nuisent aux ventes de ceux actuellement sur le marché.

Source :
Bloomberg

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