Aller direct pour l’enfance, émerveillement de gamin, activité manuelle à suivre en famille, ingéniosité époustouflante, et peut-être gimmick réservé à quelques-uns, le Nintendo Labo est tout cela à la fois.

Depuis la Wii, le géant de Kyoto a prouvé qu’il est le roi des accessoires – les tonnes de plastique en forme de canne à pêche, de volant, de pistolet, etc. qui dorment désormais dans nos placards en sont la preuve. Avec la Switch, console hybride, hors des sentiers battus, Big N. se devait de trouver une voie alternative et innovante.

Deux expériences et trois étapes

Justement, Labo est novateur et, dans le même souffle, un hommage discret aux origines de Nintendo, à ses jeux de cartes. Dans l’univers du jeu vidéo actuel où le pixel et les polygones sont rois, aucun autre acteur ne pouvait décemment accoucher d’une idée pareille.

Ce nouveau-venu est la consécration d’un trop plein d’imagination, de rêves d’enfant, d’une réflexion poussée et d’un savoir-faire unique. Il prendra corps à partir du 27 avril prochain sous la forme de deux kits.

Le premier, baptisé Multi-kit, contient de quoi créer une canne à pêche, une petite maison, un guidon de moto, un mini piano ou une sorte de voiture télécommandée. Il est donné pour être accessible à partir de trois ans et devrait être vendu à environ 60 euros.

Le second, appelé Robot Kit, est plus complexe – à partir de 7 ans – et sera vendu à environ 70 euros. Il permet de créer une sorte de sac à dos, embarquant des poulies, des poids et des câbles qu’on s’attache aux pieds et aux mains pour devenir… un robot.

Quel que soit le kit choisi, Nintendo découpe l’expérience Nintendo Labo en trois étapes : Construire, Jouer et Découvrir. Chacune étant ludique et pleine d’enseignements à sa manière.

Construire : jamais mieux servi que par soi-même

Tout commence face à des planches de carton prédécoupées et une Switch. Lancez-vous seul ou avec des amis/enfants et suivez les instructions sur l’écran de la console. Chacun devra plier les éléments détachés, les emboîter, tirer la langue avec application, rigoler sans l’ombre d’un doute et passer un bon moment.

Le pas à pas pour la fabrication est limpide : on peut retourner en arrière facilement, accélérer quand on se sent en confiance, bref, s’assurer que la construction se passe au mieux. Idéal si on doit accompagner un ou plusieurs enfants dans la réalisation de ces accessoires pas tout à fait comme les autres.

Quand on a fini la séance de bricolage, au-delà du plaisir du travail soigné accompli, on peut s’amuser à personnaliser son jouet en carton : colorier, ajouter des éléments décoratifs, des paillettes, dessiner des arcs-en-ciel, etc.

Comptez environ 15 minutes pour construire le modèle le plus simple, la « voiture » qui se déplace grâce aux vibrations des deux Joy-Con et se pilote depuis l’écran tactile de la Switch, et environ 2h30/3h pour le Robot, bien plus complexe.

Pour obtenir ce que Nintendo appelle les Toy-Con, il suffit ensuite de glisser les Joy-Con, les petites manettes vibrantes de la Switch dans les emplacements prévus et la magie est prête à faire son effet.

Jouer : il est temps de continuer à s’amuser

La phase de fabrication des accessoires est plaisante, suffisamment simple pour ne pas décourager les plus jeunes. Les plus grands seront plus d’une fois bluffés par le talent qu’il a fallu pour en arriver là. Mais c’est surtout quand on commence à jouer qu’on se rend compte de la magie infusée par ces petits bouts de carton.

  • You can ride my car

C’est le jeu par lequel on a commencé. Et pour cause, la séance de pliage s’expédie en 15 minutes et la manipulation est la plus simple, la compréhension de l’enjeu immédiate. En fixant un Joy-Con de chaque côté de la bête, qui ressemble plus à un petit monstre des profondeurs en carton qu’à une voiture d’ailleurs, on peut la déplacer grâce aux vibrations des moteurs HD Rumble.

Après quelques secondes d’essai, on s’amuse déjà. Surtout quand on peut à se livrer à un duel avec un autre joueur qui aura construit son propre bolide. On peut imaginer des combats de sumo, où on doit pousser l’autre hors du ring, ou des courses sur un circuit plus ou moins complexe. Tout est envisageable, surtout si c’est loufoque !

  • Home Sweet Home

La petite maison, surtout si elle a été gribouillée avec amour et parée de mille stickers (vendus séparément environ 9 euros), donne une profondeur réelle à la mignonne bestiole qu’elle héberge sur l’écran de la Switch positionnée en façade.

Alors qu’un Joy-Con est enfiché dans la cheminée, deux ouvertures latérales et une autre pratiquée dans le plancher permettent d’activer différents environnements, mini-jeux, etc. en y glissant des interrupteurs… en carton.
Le but est assez flou. S’amuser, oui, certainement. Nourrir la petite bestiole, oui, aussi. Sans doute également flirter avec une nouvelle frontière entre jeux vidéo et monde physique.

  • Born to be wild

Attention, plaisir enfantin immédiat ! Equipé de votre guidon de moto, dont vous pouvez tourner la poignée des gaz (dans laquelle se trouve un Joy-Con), à vous les courses endiablées sur les circuits de championnats plus ou moins difficiles. Trois niveaux de difficulté sont proposés, ainsi que trois cylindrées qui n’influent que sur la vitesse : 200, 400 et 600 cm3.

Agréable et amusant, le jeu se laisse prendre en main rapidement et il est clair que l’accessoire en carton contribue grandement au plaisir de jouer. Néanmoins, personne n’a su nous dire s’il serait possible de jouer à plusieurs, combien de niveaux seront fournis et s’il y aura des mises à jour pour ajouter du contenu.

  • La pêche au gros

Si vous ne pêchez pas dans Zelda avec des bombes, vous apprécierez sans doute de construire votre canne à pêche télescopique en carton, avec sa bobine de fil, ses oeillets en plastique et sa Switch en guise de point de vue privilégié sur les grands fonds.

Un Joy-Con dans le corps de la canne, un autre dans le moulinet et vous voilà à ferrer des poissons à différentes profondeurs dans l’espoir de remonter jusqu’à la surface la plus belle prise possible.

Ludique, assurément, et pas si facile que ça quand on s’attaque aux gros poissons, le jeu met de l’interaction au bout d’un jouet qu’on s’amuse vraiment à fabriquer. Même quand on a un peu plus de 7 ans…

  • Qui va piano, va sano

Sans doute l’expérience la plus complexe du Multi-Kit. Ce n’est pas à proprement parler un jeu. Bien sûr, vous pouvez vous évertuer à reproduire des séquences jouées par la console, mais le piano s’adresse surtout à ceux qui s’amuseront à bricoler des sons, à produire des effets amusants.

C’est un des rares titres dont on n’ait pas réussi à percevoir le plein potentiel immédiatement.

  • Robot destructeur !

Il est un « kit » à lui tout seul et c’est clairement à la fois le plus dur à monter et le plus épatant. Sangles glissées sous chaque pied, sac à dos vissé sur les épaules et plutôt confortable, masque de visée sur la tête, on contrôle le robot en inclinant la tête pour tourner, levant les pieds alternativement pour avancer ou frapper le sol, et donnant des coups de poings, manettes en carton en main pour… donner des coups de poings.

L’objectif de ce jeu de robot est de faire le plus de dégâts possibles dans une ville stylisée. Plus on détruit, plus on gagne de points, un tableau des plus hauts scores s’affichent à la fin du temps imparti pour raser la ville.

Là encore, difficile de prendre vraiment la mesure de la diversité et durée de vue de ce jeu. On peut juste dire que l’idée de départ est vraiment bonne et la mise en application géniale. Quel enfant n’a jamais rêvé d’être aux commandes d’un robot géant ?

Découvrir : les coulisses de la magie Nintendo et la possibilité de devenir magicien

Dernier pilier de l’expérience Nintendo Labo, la découverte. C’est une plongée dans les coulisses de ce petit monde mixé entre jouets en carton et jeux vidéo. On y voit comment tout fonctionne. Comment l’accéléromètre des Joy-Con reproduit les mouvements de votre tête ou l’inclinaison de votre guidon de moto. Comment la caméra infrarouge capte la lumière reflétée par les petits rubans adhésifs réfléchissants disposés à des endroits précis pour savoir sur quelle touche du piano vous avez appuyé. Ce sont ses ficelles de magicien que Nintendo dévoile aux utilisateurs, grands ou petits.

Et quoi de mieux, quand on a compris, que de mettre ses connaissances en application ? C’est ce que propose l’Atelier au sein du garage Nintendo Labo. Il est possible, via une interface minimaliste mais facile à appréhender de choisir différentes actions à appliquer à des Joy-Con dans des conditions définies. Par exemple, quand on appuie sur le bouton d’un Joy-Con, un autre Joy-Con se met à vibrer, si (et seulement si) la caméra infra-rouge du premier repère un petit ruban réfléchissant. Les vibrations du second font alors tomber le petit personnage, en carton, auquel la manette était attachée.

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, et il faudra s’y essayer et frotter de plus près. Mais la promesse est belle : créer ses propres jouets en carton et les rendre interactifs grâce à la Switch et à ses petites manettes vibrantes… Un moyen ludique de s’essayer à la programmation, qui plus est.

A la croisée du jeu vidéo et du carton

Carton + jeux vidéo = carton ? On aimerait le certifier mais difficile d’en être totalement sûr. Oui, les accessoires à assembler sont enthousiasmants et apportent beaucoup aux différents jeux. Il y a même de vraies réussites, comme quand on bascule devant ses yeux la visière du casque porté pour contrôler le robot, et qu’on passe alors en vue à la première personne. L’immersion est immédiate, c’est presque de la réalité virtuelle… Avec un peu d’imagination.

En fait, alors qu’on s’inquiétait du côté un peu cheap du carton, c’est lui qui s’avère le plus rassurant. C’est de ce côté-ci qu’on doute le moins. En effet, il n’est pas sûr que les jeux apportent de quoi maintenir ses accessoires de carton loin d’un placard ou d’une benne de recyclage passées les premières heures de découverte. Il faudra pour s’en assurer plus qu’une simple prise en main.

Pour ceux qui sont séduits mais hésitent encore sur quel kit choisir, on peut déjà leur dire que le premier kit devrait offrir bien plus de variété. Difficile dès lors de ne pas conseiller de commencer par lui, d’autant qu’il est un peu moins cher. Mais pour les fans geeks et bricoleurs que nous sommes, l’achat du Kit Robot paraît inéluctable tant il est séduisant.

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