Attention, le son peut nuire à la santé de votre ordinateur. Des chercheurs en sécurité des universités du Michigan et de Zhejiang ont découvert qu’il était possible d’altérer le fonctionnement d’un disque dur à plateau en le soumettant à des ondes acoustiques. Celles-ci peuvent faire chuter la vitesse de lecture, bloquer le disque en écriture, voire même crasher le système tout entier. Elles peuvent aussi provoquer des séquelles durables sous forme de secteurs endommagés, comme on peut le lire dans le papier scientifique.

L’impact peut être assez rapide. Des tests réalisés en laboratoire montrent que le système Windows 10 d’un Dell XPS 15 9550 se gèle en l’espace de 45 secondes si les enceintes intégrées diffusent une onde de 7,83 kHz. Et il suffit de moins de deux minutes pour planter un poste de travail HP Elite Minitower ou un ordinateur portable Sony, soumis respectivement à une fréquence de 10 kHz et 40 kHz.

Ces phénomènes s’expliquent par la fragilité mécanique des disques durs face aux sons et aux ultrasons. Les premiers – qui ont une fréquence inférieure à 20 kHz – sont capables de légèrement faire bouger la tête de lecture. Or, il suffit que celle-ci diverge de quelques nanomètres de sa trajectoire pour faire plonger la performance de lecture/écriture.

Les ultrasons, quant à eux, impactent la tête de lecture de manière indirecte, en faisant résonner le capteur anti-chocs. Ce dernier pense alors ressentir une grande secousse et, fidèle à son rôle de protecteur, ordonne à la tête de lecture de venir se ranger, affectant là encore la performance de lecture/écriture.

Attaques malveillantes

Si ces altérations sont suffisamment fortes et longues, les drivers des disques durs s’affolent et commencent à envoyer des messages d’erreur au système. Le disque dur ne devient plus accessible et il faut redémarrer le système. Qui peut également se planter en beauté, avec un écran bleu de la mort. Dans tous les cas, l’ordinateur n’est temporairement plus utilisable.

Ces phénomènes peuvent être exploités de manière malveillante, pour provoquer une panne chez un utilisateur, à condition évidemment de connaître les bonnes fréquences. L’un des scénarios imaginés par les scénarios est le sabotage acoustique de caméras de surveillance, qui utilisent généralement des disques durs classiques. On peut même imaginer une attaque à distance, au travers d’un canon à son.

Pour se protéger contre ces attaques, les chercheurs préconisent l’intégration d’un système de détection d’anomalies de vibrations mécaniques ou acoustiques dans le circuit de contrôle du disque dur. 

Cet article a été importé d’un feed RSS, cliquez-ici pour voir l’article original