Spotify va-t-il initier un mouvement de fond visant à censurer les catalogues des plateformes de streaming ? C’est possible. Le site a décidé de comencer par supprimer les titres du chanteur américain R. Kelly, accusé d’abus sexuels et poursuivi par plusieurs plaintes aux Etats-Unis. A cette occasion, Spotify annonce aussi adopter un nouveau code de bonne conduite.

Il vise dans un premier temps à supprimer tout contenu haineux défini comme un « contenu qui encourage ou incite expressément à la haine ou à la violence contre un groupe ou un individu en fonction de caractéristiques telles que la race, la religion, l’identité sexuelle, le sexe, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, le statut d’ancien combattant ou un handicap ».

Mais pas seulement. A l’image de cette première décision à l’encontre de R. Kelly, Spotify compte aussi se débarrasser des artistes ayant une conduite haineuse. « Dans certaines circonstances, lorsqu’un artiste ou un créateur fait quelque chose de particulièrement préjudiciable ou haineux (par exemple, la violence contre les enfants et la violence sexuelle), cela peut affecter notre façon de travailler ou de soutenir cet artiste ou créateur », peut-on lire dans un communiqué de presse. En clair, il sera éliminé du catalogue.

Spotify AudioWatch, l’outil pour détecter les contenus haineux

Pour réguler le contenu, le site a décidé de s’adjoindre l’aide de diverses associations comme  la Ligue anti-diffamation, ou encore les Avocats Musulmans aux Etats-Unis. Spotify a également développé un outil de surveillance interne : Spotify AudioWatch. Il est chargé d’identifier automatiquement des contenus qui posent problème. Et Spotify compte aussi sur l’aide de ses utilisateurs pour faire remonter des signalements.

Faut-il s’attendre à ce que la société aille jusqu’à supprimer les chansons de Bertrand Cantat qui a battu à mort Marie Trintignant ? Netflix va-t-il se séparer de tous les films de Woody Allen, accusé de pédophilie et d’inceste ? Spotify avoue volontiers que l’arbitrage ne sera pas aisé entre les différences culturelles et religieuses de chaque pays mais aussi la préservation de la liberté artistique et d’opinion. « Nous ferons quelques erreurs, nous apprendrons d’eux, et nous vous écouterons toujours pendant que nous travaillons pour continuer à construire la plate-forme », avance prudemment la société.

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