Occupant deux fois moins d’espace sur les cartes mémoire que le JPEG à qualité égale, le nouveau format d’image HEIF (High Efficiency Image file Format) est en train de creuser son trou. Après son adoption par Apple dans iOS 11 et l’annonce de son support dans la future version d’Android P, c’est au tour de Microsoft d’annoncer sa prise en charge dans la future mise à jour de Windows… et d’ores et déjà pour les utilisateurs qui ont passé leur système en mode « insider ». Pour en profiter, il faut télécharger les pré-versions « Preview Build » 17123 (Redstone 4) ou 17623 (Redstone 5) qui préfigurent des mises à jours du printemps (17123) et de l’automne (17623) prochain. Impossible pour l’heure de savoir laquelle des deux versions sera la première à intégrer ce nouveau format, mais une chose est sûre : HEIF arrive, et c’est une très bonne chose.

Le HEIF c’est quoi (et pourquoi c’est bien) ?

Jpeg est bien, Jpeg est ouvert, Jpeg est compatible… mais Jpeg est vieux. Notre vénérable format d’image que lisent et/ou écrivent par défaut la totalité des appareils électroniques de ces 20 dernières années (appareils photo, ordinateurs, smartphones, etc.) est arrivé au bout de ses capacités. En basculant sur HEIF, les constructeurs cherchent deux améliorations : un format plus riche en fonctionnalités et moins encombrant sur les supports de stockage.

Le HEIF est la partie « image » du codec vidéo h265 (image + son) que vous connaissez aussi sous le nom de HEVC. Un codec très performant qui profite de la puissance toujours plus grande des processeurs actuels pour compresser l’image et le son de manière efficace. C’est grâce au HEVC/h265 que Netflix peut envoyer de la 4K sur des connexions à 15/20 mbits quand il fallait le double avec le précédent codec h264.

Le HEIF ne s’occupe que de l’image. Et il le fait bien : à paramètres de qualité égaux, le HEIF compresse deux fois mieux une image que le JPEG, grâce à des algorithmes plus performants que ceux de son aïeul. Ainsi, avec le même espace de stockage sur votre téléphone ou dans le cloud vous prendrez deux fois plus de photos avec HEIF.

Ensuite, le HEIF est un format « intelligent » qui supporte des métadonnées avancées, internes comme externes. Apple utilise par exemple un fichier externe pour ses modes Portrait Lighting où à l’image « normale » s’ajoutent des informations sur la scène qui permettent de visionner ou d’éditer la photo a posteriori.

iOS, Windows 10 et bientôt Android P

Pour l’heure, les préversions des mises à jours de Windows 10 ne permettent que la lecture du HEIF, l’édition devrait arriver plus tard. Ensuite, pour profiter de la lecture des photos dans ce format il faut non seulement la mise à jour adaptée, mais aussi la dernière préversion de l’application Photo, le décodage ne se faisant pas encore dans le système en lui-même mais bien dans l’application maison de Microsoft.

S’il ne fait aucun doute que Windows 10 finira par prendre nativement en charge lecture et écriture du format HEIF dans les mois qui viennent, cette prise en charge concerne pour l’heure uniquement les utilisateurs d’iPhone sous iOS 11 qui sont les seuls à pouvoir produire ce genre de fichiers. Côté Google, si les futurs terminaux lancés sous Android P (automne/hiver 2018) prendront en charge le HEIF nativement, seuls les terminaux Oreo équipés de processeurs puissants pourront en profiter a posteriori. Si telle est bien sûr la volonté des fabricants de mettre à jour le système des appareils qu’ils commercialisent. Autant dire que c’est pour l’heure le flou artistique le plus complet de ce côté-là.

Quant aux appareils photo, vu d’implantation du JPEG et le conservatisme des constructeurs japonais et allemand (Leica), il est fort probable que cette prise en charge du HEIF prenne bien plus longtemps, d’autant plus que pour nombre de photographes (notamment les reporters) la compatibilité prime sur toute autre considération.

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